Linda a écrit:C'est la première fois que je tente les choux de bruxelles. Il semble qu'il faut enlever les feuilles par le bas dès qu'elles jaunissent ou quand les bourgeons commencent à grossir. Mais ça prend combien de temps avant qu'on voit ces bourgeons assez gros pour enlever les feuilles? J'ai bien peur de pas y goûter cette année...
Et voilà le petit Belge

... et sa petite explication.
Attention, tout d’abord, à ne commettre pas lamême bévue que mon voisin qui avait semé ses Choux de Bruxelles en jardinières, pensant avoir affaire à de tout petits choux miniatures… le plant de Chou de Bruxelles est une plante énorme pouvant atteindre plus d’un mètre à un mètre cinquante de haut. Certaines variétés peuvent monter plus haut encore.
Le Chou de Bruxelles (c’est bien de chez moi, ça

) se sème chez nous en avril/mai, en pleine terre.
Dans les régions plus chaudes, on décale plus volontiers les semis en automne pour une récolte de printemps. C’est un légume qui n’aime pas du tout la chaleur. La canicule lui est particulièrement nocive. Par contre un petit rafraîchissement à -15°C n’est pas pour lui déplaire.
Si ta région est plus froide que chez moi (je suis en zone 8), tu peux semer à la même période, mais à l’intérieur. Tu peux aussi semer plus tôt, afin d’avancer un peu la récolte si les grands froids s’annoncent vraiment trop tôt. Mais c’est un légume très résistant au froid.
Il faudra de toute façon recouvrir légèrement les semences et tasser un peu le terreau que se soit avec le râteau (en pleine terre) ou à la main (en pot), et arroser finement. Il faudra veiller à conserver le substrat humide (mais pas détrempé) si tu veux obtenir des choux bien formés.
La levée se fait au bout d’une semaine, deux au maximum.
Trois à quatre semaines après le semis, c'est-à-dire quand tes choux ont au moins trois vrais feuilles, tu les arraches très délicatement avec une petite motte de terre et tu les repiques une première fois, en pépinière si possible (en dans un plus gros pot), en les enterrant jusqu’aux feuilles. Cela permet de fortifier la racine, ce qui s’avèrera très important pour ceux qui vivent dans des endroits venteux (pour les autres aussi d’ailleurs, on n’est jamais à l’abri d’une bonne bourrasque et un Chou de Bruxelles adulte a une solide prise au vent)
A partir du moment où il se retrouve à l’extérieur, l’ennemi numéro Un de tes jeunes plants sera l’altise qui sera attirée irrésistiblement vers eux. Tu arroseras fréquemment en mouillant le feuillage. Quelques vaporisation avec un bon extrait végétal répulsif leur fera le plus grand bien (aux choux, pas aux altises !)
Sinon, il est possible de les protéger sous un voile.
Un bon mois et demi après le semis, le nombre de feuilles a doublé et les choux se sont bien développés. C’est le moment d’effectuer un premier vrai contrôle et de supprimer tous les plants malformés et d’arracher sans pitié tous ceux qui sont borgnes (c’est comme ça qu’on appelle ceux dont la tête est déformée ou blessée. Ils ne donneront rien de bon.
Entretemps, tu auras pris soin de préparer le terrain qui accueillera définitivement tes choux.
Le Chou de Bruxelles appréciera tout particulièrement un emplacement bien dégagé et lumineux (pas forcément le plein soleil.
Le sol devra être léger, si possible profond et toujours bien frais. Mais le plus important reste avant tout la fumure…
Contrairement aux autres choux, le Chou de Bruxelles n’aime pas trop les sols très riches, surtout en azote.
On le réservera donc pour la seconde ou troisième année de rotation de cultures.
L’azote aura deux incidences fâcheuses sur ton chou.
Tout d’abord, il le rendra beaucoup plus attractif aux insectes piqueurs (altises, pucerons,…)
Ensuite, cela provoquera un desserrement des bourgeons axillaires (véritablement les vrais choux de Bruxelles que l’on consomme) et provoque leur éclatement, ce qui leur fait perdre tout leur intérêt culinaire…
Maintenant que tu as déraciné une nouvelle fois ton plant (qui a approximativement six feuilles), tu le replantes rapidement à sa place définitive à 50-60cm (20 à 24 pouces) de ses congénères. Tu l’enterre à nouveau jusqu’aux premières feuilles. Son enracinement sera fort.
Si jamais tu as raté tes semis ou s’ils ont fait le délice des altises, il te restera toujours la possibilité d’acheter de jeunes plants en jardinerie. Tu les traiteras exactement comme les autres.
En juillet, certains conseilleront de butter le pied et/ou de placer un tuteur pour étayer le tronc qui commence vraiment à se former. Ce n’est pas une mauvaise chose (deux précautions valent mieux qu’une, mais il faut veiller à ce que ces agencement ne nuisent pas à la formation des petites pommes latérales qui vont couvrir la quasi-totalité de la tige. L’éventuel support devra être maintenu à distance.
Les petits choux de Bruxelles vont progressivement se développer à l’aisselle des feuilles qui hérissent l’unique tige/tronc de la plante.
Il faudra veiller à supprimer toutes les feuilles qui auront tendance à jaunir.
Si tu as semé en avril, arrivé en septembre/octobre, tu pourras commencer à récolter les bourgeons qui atteignent maintenant environ 3 cm de diamètre. Pour se faire, tu brises l’attache du mini chou en le saisissant à deux doigts et en l’inclinant sèchement sur le côté.
Il faut commencer à récolter par le bas de la plante.
Tu en profiteras pour éliminer les feuilles qui ne portent plus de bourgeon (chou)
Tu peux aussi briser les feuilles les plus basses à l'aisselle desquelles tu vois un petit chou déjà bien apparent. Cela stimulera sont développement.
Par contre, il faudra veiller à ne pas endommager le bourgeon en procédant. Tu peux aussi couper la feuille à quelques centimètres du petit chou.
Mais il te faudra rester vigilante, car en supprimant la feuille, tu stimulera aussi l'éclatement du bourgeon, il faudra donc le récolter juste au bon moment...
Il peut s’avérer utile, quelques temps avant les tout grands froids, d’étêter le plant (pincer la petite rosette de feuilles au centre de la tête), ça stoppera net la croissance de la plante qui sera forcé de se consacrer uniquement à faire grossir et « murir » les bourgeons déjà existants.
Savais-tu qu'il existe aussi des Choux de Bruxelles rouges ?
Une fois tous les petits choux récoltés, tu peux arracher le plant. Il ne produira plus.
Tu peux l’incorporer au compost, mais attention, il présentera probablement des traces de maladies (oïdium,…) mieux vaudra alors le brûler.
Si, par contre, tu veux produire tes propres graines, il faudra tout d’abord t’assurer qu’il s’agisse bien d’une variété pure et non d’un hybride, ensuite il faudra choisir un ou plusieurs plants qui le méritent (bel aspect, port vigoureux, exempts de maladie et surtout qui ont produit de beaux et excellents petits choux)
Hors de question d’étêter ces plants là (que tu auras pris soin de marquer pour éviter de faire des gaffes) et tu veilleras à leur laisser quelques bourgeons latéraux.
Sélectionne toujours un peu plus de plants que nécessaire, tu auras peut-être à en « disqualifier » quelques-uns.
Après l’hiver (où tu les auras protégés ou mis en jauge si le temps est vraiment trop horrible), la tête et les bourgeons éclateront pour monter en fleur. Il sera important de protéger les porte-graines si d’autres variétés de Chou de Bruxelles sont également en fleur. De même pour toute autre ESPECES de Choux, car, là aussi, un croisement peut survenir.
Le mieux est de regrouper les plants avant la floraison et de les protéger par une « cage » en voile anti-insecte. L’idéal serait d’y introduire quelques insectes pollinisateurs.
Attention, un Chou de Bruxelles en fleur est un spectacle imposant à tout point de vue…
Le chou de Bruxelles est une plante volumineuse, mais l’espace entre les pieds pourra t’être utile pour y faire pousser d’autres légumes, voire des fleurs. La Tagète (Œillet d’Inde) par exemple, s’entend à merveille avec lui et le protègera en partie des altises et autres parasites, dont les éventuels nématodes.
La Camomille stimule la pousse des choux, à condition qu’elle ne soit présente qu’en faible quantité.
Parmi les légumes qui pousseront en bonne entente avec lui, je te citerai la Betterave, le Céleri, le Cresson, le Haricot nain et la Pomme de terre. Les salades (Laitues et Chicorées), ainsi que les Epinards s’avèreront très utiles si tu crains que ton terrain soit trop riche en azote… Parmi les fines herbes, tu pourras choisir entre la Menthe, le Romarin et la Sauge.
Par contre, tiens tes choux éloignés des Tomates et de toutes les Alliacées (Oignon, Ail, Ciboulette, Poireau,…), ainsi que des Fraisiers.
Voilà, j’espère que ce petit compte rendu pourra t’aider à mener à bien, l’an prochain, une culture au demeurant très sympathique et très nourrissante.